Derrida – Un démantèlement de l’Occident, de
Jean-Clet Martin, est un livre de création autant qu’il est fidèle à l’œuvre de
Derrida : il s’agit de produire des variations par
lesquelles celui-ci devient un intercesseur pour la philosophie de Jean-Clet
Martin, comme ont pu l’être, dans certains de ses autres livres, Borges,
Deleuze, Van Gogh, ou encore Hegel. Produire de tels duos est une façon
d’inventer une pensée, qui est celle de Jean-Clet Martin mais qui est en même
temps multiple, impersonnelle, dessinée à la surface d’un sol indéfiniment
réinventé, sur lequel la pensée, mouvante, crée une carte de sable, celle d’un
monde de devenirs et mouvements, un « plurivers » dont la
configuration forcément mobile est ici relancée selon les lignes elles-mêmes
multiples de l’œuvre de Derrida.
Il est moins question d’écrire sur Derrida
qu’avec Derrida, le livre de Jean-Clet Martin ne proposant pas un
commentaire mais une création en duo. On pourrait reprendre, pour qualifier
ceci, ce que l’auteur écrit à propos du travail de lecteur de Derrida :
« Relire un auteur n’a pas d’autre sens que celui de ramasser une
bouteille à la mer. Il faut l’ouvrir et déplier le rouleau, dans une lecture
qui modifie tout. On sera attentif aux signes autant qu’aux annotations
capables de rendre la lecture différente, une répétition où l’on voit surgir
autre chose ». Répéter pour faire surgir autre chose, la répétition
non comme reproduction mais comme reprise ou variation dont
l’effet est une constellation de points et tracés originaux. Un tel rapport aux
textes est la condition d’une vie de la pensée, vie à travers l’inconnu,
risquée, qui est vie de l’esprit comme du monde, des possibles que la pensée
produit à la surface du monde. Alors que le commentaire enferme l’œuvre sur
elle-même, détermine des limites à respecter, l’usage que Jean-Clet Martin fait
des auteurs, comme celui qu’en faisaient Derrida ou Deleuze, ouvre l’œuvre à
des branchements nouveaux, à d’autres possibles et mouvements – un devenir de
l’œuvre pour un devenir de la pensée et du monde.
« Occident » désigne d’abord le mouvement d’une
pensée qui se retourne contre elle-même et combat ses propres conditions : une
pensée réactive, dirait Nietzsche, tueuse de sa propre vie comme de la vie du
monde. Il s’agit d’un diagnostic : la pensée occidentale est porteuse de
mort – mort de ce qu’elle recouvre, mort qu’elle s’inflige et dont elle vit.
L’Occident serait le nom d’une pensée « contre » : contre la vie
du monde et de la pensée qu’elle nie et réduit à ses propres formes
simplificatrices, homogénéisantes, hiérarchisantes, et que par là elle
maintient de l’autre côté des frontières qu’elle trace pour pouvoir exister. La
pensée occidentale, le logos, ne cesse de tracer des limites
qu’elle s’efforce de maintenir, dont elle ne cesse de justifier l’existence et
dont elle interdit le passage à ce grouillement de la pensée et de l’Etre
qu’elle ne peut que refouler, effacer, tuer.
En même temps, comme pensée réactive, qui ne peut que nier,
la pensée occidentale nécessite ces « autres » contre lesquels elle
lutte mais dont elle a besoin pour exister : c’est cette nécessité que la
pensée occidentale oublie, se donnant à elle-même l’image d’une pensée
ordonnée, claire, pacifique, alors que ses racines s’enfoncent dans la violence
faite au monde et à la pensée, qu’elle ne peut exister qu’en rapport avec un
chaos mental et ontologique, une obscurité du monde et de la pensée, une
dissémination universelle qu’elle combat et dénie, alors même qu’elle en a
besoin. S’aveugler soi-même à ses propres conditions, nier la valeur ou
l’existence de ce qui est pourtant nécessaire à sa propre vie – l’Occident est
bien une pensée essentiellement réactive, caractérisée comme pouvoir mortifère.
Jean-Clet Martin rend hommage à Kant, auteur que
l’Université a rendu si sage, qui apparaît pourtant comme un dynamiteur
essentiel de cet Occident. Les pages consacrées à Kant, si elles éclairent ce
en quoi Derrida lui est redevable, insistent sur ce qui, chez Kant comme chez
Derrida, relève d’une subversion de la logique occidentale par l’instillation
d’un mouvement qui en déplace les cadres, les limites et frontières. Alors que
la pensée occidentale « rêve d’une chimérique emprise sur la moelle du
monde », la philosophie kantienne, montrant l’impossibilité de la
correspondance en droit de la pensée et du monde, a pour effet la mise en
évidence de la folie singulière de la pensée comme la libération du monde qui,
débordant les cadres rigides de la pensée, est rendu à sa dispersion, à sa
nature informelle, confuse, proliférante. « Le monde de Kant est un
divers, une diversité radicale dont la synthèse est elle-même
plurielle en fonction des sensations et des prétentions de la raison qui y
exerce ses catégories » : avec Kant est mise au jour la béance
qui demeure entre le discours et l’Etre, ce qui est dit et ce qui est
proliférant chacun pour eux-mêmes, se croisant lors de synthèses disjonctives
monstrueuses, la pensée devenant une machine folle, le monde devenant un divers
non formé pris dans ses propres mouvements et coordonnées chaotiques.
Sur ce point, Derrida suit les pas que Kant – nouveau
Vendredi pour un nouveau Robinson – laisse sur le sable d’un sol qu’il invente
lui-même, sol de sable couvert d’empreintes énigmatiques à la surface d’une
étendue instable, ouverte au vent et aux marées, puisque c’est cette ouverture
à de nouvelles forces qui marque la logique kantienne de la pensée et du monde.
Selon la lecture qu’en propose Jean-Clet Martin, Derrida radicaliserait
l’émergence de cette logique, l’entraînant vers des directions que Kant
n’aurait peut-être pas reconnues – répétant le geste kantien pour, à son tour,
le décadrer, en déplacer les limites, y introduire encore plus de sable et de
vent, creuser davantage les fentes qui lézardent nos synthèses du monde et de
la pensée, rendre plus évidentes ces béances, l’impossibilité qu’elles
impliquent de l’ordre occidental, les nouvelles images du monde et de la pensée
qu’elles appellent.
On comprend la nécessité, pour Derrida, d’interroger de
manière récurrente les notions de « limite », de « cadre »,
de « bordure », etc., et son effort pour déplacer et défaire les
limites par lesquelles la pensée occidentale s’impose un ordre comme elle
l’impose au monde. On trouve ici le sens de certains des concepts fondamentaux
de la philosophie de Derrida, celui de « différance », de
« trace », ou de « dissémination », mais aussi le sens de
cet effort continu pour repenser les conditions du logos, explorer
ce que le logos refoule, faire apparaître les gestes
d’exclusion et de mise à mort que ce refoulement requiert, opérer le
déplacement et brouillage des frontières par lesquelles l’Occident se construit
une image du monde, de la pensée, et se protège.
Jean-Clet Martin suit pas à pas certains moments de ce
travail, l’éclairant mais aussi le prolongeant, l’infléchissant vers des
directions qui surprendront sans doute, puisqu’il attire Derrida vers
l’affirmation d’un « plurivers » (au lieu d’un univers) qui ne semble
pas explicite dans le travail de Derrida bien qu’il apparaisse impliqué par
lui, ou encore introduisant dans la pensée de Derrida quelques virus deleuziens
permettant des mutations, de nouvelles possibilités de la pensée et de la vie.
Peut-on être fidèle à Derrida autrement qu’en déplaçant soi-même les frontières
et lignes qui maintiendraient sa pensée hors de tout décadrage, hors de toute
ouverture à un dehors encore inconnu ?
On comprend aussi, chez Derrida, l’importance des marges, de
l’exploration des dehors, de l’attention à ces « autres » dont
l’Occident a besoin pour exister mais qui ne peuvent eux-mêmes exister qu’en
étant refoulés ou niés. Déplacer les frontières, pour Derrida, consiste moins à
les nier qu’à les laisser traverser par ces populations maintenues à distance,
invisibilisées : la Femme, l’Animal, l’Etranger, les Signes, l’Art, le
Corps remontent à la surface et la troublent, la fendent, y inscrivent de
nouveaux signes superposés à ceux jusqu’alors dominants, dessinant « une
autre carte de l’Occident et de son histoire ». L’Exilé surgit au cœur
de la pensée, du monde, et les défait, les rend à leur dissémination –
mouvement que Jean-Clet Martin nomme « démantèlement ». Ce
démantèlement, long et patient, a pour effet la dissolution, l’éparpillement
des principaux concepts de la logique occidentale, faisant apparaître celle-ci,
à son tour, comme étrange, étrangère, non plus claire et distincte mais
obscure, labyrinthique – obscurité d’un labyrinthe où l’Occident dissout se
perd, à travers lequel il erre, devenant lui-même exilé.
Par cet exil, se défont les répartitions habituelles, les
dichotomies nécessaires à la mise en ordre occidentale de la pensée et de
l’Etre – Homme/Animal, Homme/Femme, tel genre ou bien tel
autre, etc. Mais émergent également de nouveaux concepts – concepts d’un
nouveau type – qui conditionnent une nouvelle pensée, un nouveau monde :
l’Autre, l’Etranger, l’Hospitalité, l’Amitié sont certaines des catégories
ontologiques, éthiques et politiques par lesquelles l’errance positive de la
pensée peut tracer les lignes étranges d’une nouvelle carte, celle d’un monde
et d’une pensée disséminés, ouverts, indéfinis. Si l’on assimile souvent le
travail de Derrida à une entreprise de critique infinie, à une ratiocination sans
but, c’est que l’on oublie que la déconstruction n’est pas une
simple destruction mais implique une construction dont elle est
indissociable : construction de nouveaux concepts, d’une nouvelle image de
la pensée et du monde, pour la production de nouveaux modes, non occidentaux,
de la vie et de la pensée. Quel est l’enjeu de la philosophie de Derrida –
comme de toute philosophie digne – sinon de libérer la vie, de produire la vie
éternelle de la pensée, produire un monde éternellement nouveau et vivant ?
En tant que pouvoir de mort, l’Occident ne peut être que
l’ennemi de la philosophie, ce contre quoi elle doit lutter, son démantèlement
étant effectivement un impératif à la fois ontologique, éthique et politique.
Ce démantèlement est indissociable de l’invention de nouvelles formes de la
pensée, de la vie, du monde, formes nécessairement ouvertes, informelles, en
devenir. Un des mérites du livre de Jean-Clet Martin est de rappeler cette
double tâche – nôtre tâche – en montrant comment Derrida a pu
s’engager dans ce travail. Mais l’auteur met également en évidence que cette
tâche est d’autant plus nécessaire que l’Occident, en tant que pouvoir de mort,
correspond aussi à l’exercice d’une domination (« emprise sur la moelle
du monde ») : domination des esprits, des corps, des vivants, de
l’Etre – le logos impliquant un ordre de la pensée, du monde
et de la vie par lequel ceux-ci sont soumis à une organisation rigide,
hiérarchisante, contenant en elle-même des jugements exclusifs ou inclusifs,
des possibilités de reconnaissance ou de mise à mort, des limites auxquelles
nous sommes contraints de nous soumettre sous peine d’inexistence et de
disparition. Nous sommes dépendants d’une reconnaissance emprisonnante et
appauvrissante, mortelle, qui empêche la pensée, le monde, la vie d’être
autres. Résister à l’ordre occidental n’est-ce pas affirmer non seulement la
possibilité mais l’existence effective de ces « autres », et de
nous-mêmes comme « autres » – affirmer l’existence de l’art, de
l’étranger, des animaux, et l’Hospitalité comme nouveau type de rapport à ces
« autres » ? Affirmer l’Hospitalité, l’Amitié comme nouveau type
de relation caractéristique de ce « plurivers » dont Jean-Clet Martin
dessine la carte ?
Votre livre parcourt des aspects de l’œuvre de Derrida
pour en expliciter certaines dimensions, mais il n’est pas un commentaire de
cette œuvre. Il serait surtout, me semble-t-il, un moyen de travailler avec Derrida
pour avancer dans votre propre recherche.
Jean-Clet Martin : Vous avez raison, c’est une
complicité, presque au sens de Spinoza : trouver une communauté
d’intérêts, longer des notions communes, mais autres déjà, amicales en ce sens.
L’idée de penser avec m’intéresse plus que penser sur,
comme lorsqu’on s’assoit sur pour mettre en-dessous, museler
et rabattre en un objet. C’était déjà ce que je voulais éviter dans mon Deleuze.
J’y travaillais notamment l’idée de multiple, de différence, de répétition que
je retrouve chez Derrida, mais avec quelque chose de plus viral. J’aime
particulièrement l’idée d’en revenir au Malin Génie cartésien qui nous entraîne
dans quelque chose de virulent. Le démantèlement est le travail d’un virus et
les virus ont rendu possibles toutes les mutations, les hybridations, le
transfert d’un matériel génétique sur un autre plan. Il y a bien sûr des
dégâts, une altération qui est aussi une forme de survie, de renouvellement –
démembrement qui voit revenir des hôtes étranges et des formes virales très
anciennes. Nulle vie ne se meut sans virus. Je crois que les concepts également
ne vont pas sans parasites. Ils sont comme des microbes passés hors du temps,
débordant les âges et les époques. Ils tiennent du monstrueux mais contiennent
des moments créateurs. Du coup, au travers de ce nouvel essai, il s’agit d’une
poursuite du vitalisme qui m’accompagne depuis le début.
Dans ce livre, vous évoquez souvent des croisements
possibles entre Derrida et Deleuze. Peut-on concevoir une sorte de greffe entre
ces deux philosophies, et quelles configurations nouvelles celle-ci
pourrait-elle produire ?
Jean-Clet Martin : En effet, il s’agirait bien
d’une greffe. Sans doute que l’un et l’autre n’ont pas eu la possibilité de se
croiser vraiment, chacun occupé par une recherche qui n’autorisait pas de
réelles confrontations. Ce qui rendait d’autant plus intéressant pour moi de
tenter des rapprochements, voire une déterritorialisation, une rencontre par le
milieu autour de la femme, de l’animal, de la différe/ance… Ce que je tente,
par cette jonction, c’est l’exploration d’un champ inesthétique. L’esthétique,
c’est la sensibilité humaine, la collaboration des facultés dans des objets
partagés et reconnaissables comme les mêmes. Ce qui m’intéresse, au contraire,
ce sont des perceptions moins consensuelles et qui vont en enfer, celles de la
mouche, de la tique, du chat dont les bonds ne se calculent pas au travers d’un
sens commun. La philosophie, pour moi, est une façon de larguer les amarres en
direction de l’inhumain. Elle use de machines et de fictions capables d’un
rapport à l’être qui n’est pas du tout le propre de l’homme occidental, quand
finalement être et pensée ne sont plus identiques. Il y a des
pensées qui nous poussent hors de l’être. J’aime chez Derrida l’idée de limite,
exorbitante, extrémale. Tous mes livres ont traqué une forme de
« métaphysique » dans laquelle l’être sort de ses gonds au bénéfice
d’un voyage aussi excitant que le franchissement d’un océan.
Dans votre travail, vous invoquez fréquemment des
écrivains, y compris dans ce texte-ci, et l’œuvre de Derrida, comme celle de
Deleuze, a souvent rencontré des écrivains. Quel type de rapport la pensée de
Derrida entretient-elle avec la littérature et en quoi ce rapport est-il
important pour sa philosophie ?
Jean-Clet Martin : La littérature fait
l’expérience de ce voyage exorbitant dont je parlais. Elle est un champ
d’expérience tout à fait inesthétique dans lequel je ressens autrement des
choses qui ne sont pas des objets. Kafka nous met devant le labyrinthe qui
appelle en nous le cloporte, engage une métamorphose assez insupportable, des
« animots », des signes asignifiants, hors phonologie, qu’on retrouve
chez Ponge. La littérature est dans un cri, dans un espace qui donne à la
langue des tours pas très esthétiques, voire anesthésiques. Autant de récits
qui nous font faire un voyage en dehors de nos certitudes ontologiques. Tout
vacille dans quelque chose que la narration déconstruit et reconstruit selon un
itinéraire qui voisine avec la mort, avec les portes du tombeau. Je me suis amusé
à suivre Derrida dans la pyramide avec en sous-main Le roman de la
momie, de Théophile Gauthier. C’est un roman qui nous transforme en
poussière, avec des mots friables, sensibles aux empreintes les plus fines. La
survie trouve alors dans la cendre, dans la mort disséminée, un étrange allié.
Sans la littérature manquerait la navette spatiale ou l’ascenseur qui descend
au fond, qui va au bout des possibles.
Dans ce livre, la notion d’Occident implique un
pouvoir, une domination des signes, de la pensée, de l’Etre, des corps, etc. La
philosophie de Derrida visant à la déconstruction de l’Occident peut être lue
comme un sabotage de ce pouvoir, une résistance, en même temps que l’émergence
d’autres rapports au corps, à la pensée, au monde, aux animaux…
Jean-Clet Martin : L’Occident, c’est une façon
de mourir ou de tuer. L’Occident occit tout, prend le pouvoir et le
contrôle sur la mort. Il est oxyde. L’Occident, c’est la médicalisation de la
vie dans les mouroirs, dans la distillation d’une peine de mort qui passe par
les abattoirs et les euthanasies dont parlent surtout ceux qui n’ont aucune
idée de la mort. L’Occident, c’est le capitalisme devenu universel qui se
montre comme un mode d’existence totalitaire. Il détruit les vies, les vies des
mers et des terres au nom du libéralisme. Voilà, la libération par le
libéralisme est de fait un poison et la dérégulation montre un asservissement
qui vaut force de loi. C’est en ce sens que je parle de Derrida comme d’un
peau-rouge, celui qui est traduit en Amérique comme un être venu d’une réserve,
ou encore un marrane suspect aux yeux des siens. Nous avons perdu le sens de ce que
pouvaient signifier certaines vertus comme celle de l’amitié, amitié du
chevalier pour le cheval, amitié qui n’est pas celle du frère, de la
fratrie rotarienne. Deleuze également avait redonné à l’amitié sa puissance
d’ouverture à l’altération, à l’altérité, à une pensée de l’étranger qui me
semble porter tout mon livre. La question n’est plus celle d’appartenir au même
genre, de se fondre dans l’universalité du genre, mais de sortir des genres par
une différence qui ne soit pas seulement la revendication d’une caste, d’une
classe ou d’un groupe. Peut-on vivre encore comme une véritable signature sans
appartenir à un réseau social, sans produire son code, son IP, son numéro de
téléphone pour sécuriser les données ? Comment vivre plus viralement,
devenir impersonnel, insensible, invisible aux robots informatiques qui
traquent dans un historique une vie qui se voudrait sans histoire ? C’est
pour moi l’exigence éthique la plus forte, l’éthique étant un art de se tenir
debout de manière chaque fois unique et selon des amitiés qui désormais sont à
réinventer.
Jean-Philippe Cazier / Jean-Clet Martin
Précédemment publié pour Médiapart.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire