jeudi 11 octobre 2018

Vertige du Plotinisme (ou comment lire "Multiplicités" de Jean-Clet Martin) / Mickaël Perre





« En somme, il n’y a que des multiplicités et des multiplicités de multiplicités. C’est la pensée du pluralisme pur. C’est une pensée très vertigineuse, hein, si vous essayer de la penser. » (Deleuze)


 Difficile de lire le dernier ouvrage de Jean-Clet Martin sans éprouver un sentiment de vertige, assez proche de celui que Deleuze évoque dans son cours du 10 décembre 1985. Encore faut-il préciser que ce vertige n’est pas seulement lié à la prolifération continue du multiple ; il ne tient pas non plus uniquement à la complication indéfinie des différences faisant de chaque multiplicité une « multiplicité de multiplicités » … Le vertige que suscite le « pluralisme pur » renvoie plus simplement à l’expérience d’une chute : celle de la pensée vers des profondeurs rarement explorées. Jean-Clet Martin invoque dans ses pages une nouvelle « image de la philosophie », une philosophie en chute libre, une philosophie qui ne concevrait son propre exercice que dans le mouvement d’une descente sans filet, d’une plongée vers des dimensions dont on ne soupçonnait pas l’existence. Ce motif traversait déjà Enfer de la philosophie, publié en 2012 aux Éditions Léo Scheer : la philosophie, en tant qu’activité créatrice, est indissociable d’un « saut », d’une expérience périlleuse, d’une épreuve dangereuse ; le philosophe ne peut pas suivre le mouvement de sa pensée, la ligne d’incertitude qu’elle trace, sans se sentir en même temps dépossédée de son propre pouvoir de penser. La chute exprime l’expérience décisive d’une pensée qui tente d’extraire des « figures » dans l’élan d’un mouvement involontaire[1].
Quelles sont donc les « figures » conceptuelles que Jean-Clet Martin invente dans sa « chute philosophique » ? Dans quels mouvements entraîne-t-il la philosophie plotinienne ? Ici, le vertige tient au montage singulier que le livre propose. La chute est le mouvement d’une pensée qui se libère du « bon sens » historique exigé par le commentateur scrupuleux ; Jean-Clet Martin s’amuse à brouiller les repères historiographiques et à affoler les catégories établies par l’histoire de la philosophie, autant de manières d’« épingler » la pensée, de la fixer à sa place tel un insecte sur un papier buvard (« Entomologie conceptuelle », 93-104). À cette pratique entomologique, à cette taxinomie mortifère, Jean-Clet Martin oppose un vitalisme expérimental seul à même de faire vivre une pensée. En l’occurrence, il s’agit d’explorer la vitalité de la philosophie plotinienne en la soumettant à toute une série d’opérations, de greffes, de prélèvements. Que se passe-t-il si l’on ampute le plotinisme de l’un de ses éléments constitutifs (l’Un) ? Quels effets cette pensée peut-elle produire si on la transfère dans un autre milieu vital (celui de l’empirisme transcendantal) ? Bref, que devient Plotin une fois connecté à la machine conceptuelle deleuzienne ?
Le livre s’inscrit ainsi dans une perspective semblable à celle que déploie Logique du sens, initialement sous-titré « De Lewis Carroll aux stoïciens » :

« Voici donc que les liens n’auront plus rien de chronologique puisqu’il est dit d’emblée que le mouvement ne se fera pas “Des stoïciens à Lewis Carroll”, mais bel et bien “De Lewis Carroll aux Stoïciens” quand le respect de l’ordre voudrait plutôt qu’on respectât la chronologie. Cette inversion montre, pour le moins, que ce sera depuis Carroll qu’il faudra comprendre ou relire les stoïciens et non pas l’inverse, refusant ainsi d’imposer à Carroll une soumission à l’histoire de la philosophie, libéré pour bien d’autres fonctions. » (74-75)

 De l’aveu même de l’auteur, Multiplicités procède d’une « intention analogue » (73) : il s’agit de lire Plotin depuis Deleuze[2]. Ce qui signifie deux choses : comprendre Plotin depuis ce que Deleuze dit de Plotin mais surtout lire Plotin depuis le lieu singulier qu’occupe la philosophie deleuzienne, dans l’intégrale de ses virtualités, dans la totalité de ses positions – plotiniennes ou non. En allant « De Deleuze à Plotin » (ce qui pourrait être le sous-titre fictif du livre), en captant Plotin par Deleuze, Jean-Clet Martin procède à une mise en variation de tout le plotinisme. Au-delà de la métaphore chirurgicale ou biologique que nous invoquions à l’instant, le dispositif conceptuel relève ici d’une logique cinématographique que Jean-Clet Martin explorait déjà dans ses précédents ouvrages, et notamment dans Logique de la science-fiction[3] : celle du « faux-raccord » (74). Il s’agit d’associer des « plans » de pensée qui semblent, à première vue, incompatibles tout en établissant une sorte de continuité brisée, de prolongement souterrain, non perceptible et pourtant bien réel. La rupture devient alors un principe d’articulation et la distance (autant historique que thématique) une condition de rapprochement. On l’aura compris, le vertige procède cette fois d’une « inversion » historique, d’une lecture à contre-sens qui nous invite à pratiquer une « espèce de retournement sur soi, une procession à l’envers comme en une espèce de flash-back » (74).
Mais, en réalité, il ne s’agit pas simplement de prendre l’histoire de la philosophie à l’envers ou « à rebours » (75) ; Multiplicités propose à partir de cette perspective inversée une véritable inversion du plotinisme. Entendons-nous bien : ce « renversement du plotinisme », bien que critique, n’est pas simplement polémique. Il n’est nullement question ici de contredire les thèses plotiniennes, de supprimer et de supplanter sa philosophie en y substituant une pensée plus conséquente ; en ce sens, le renversement n’a rien à voir avec celui que Marx accomplit contre Hegel en cherchant à « remettre la dialectique sur ses pieds ». Ici, le geste d’inversion est presque un acte de révérence philosophique tant il témoigne d’une profonde admiration pour l’œuvre de Plotin, une admiration que Jean-Clet Martin partage avec Deleuze, essayant peut-être d’écrire dans Multiplicités les pages deleuziennes du plotinisme, les pages de Plotin que Deleuze aurait lui-même aimé écrire[4]… Que faut-il donc entendre par « renversement du plotinisme » ?
Le renversement vise d’abord à déplacer la problématique centrale, le point de gravité d’une philosophie afin d’en relancer les possibilités, d’en explorer les potentialités, au-delà de ce qu’elle dit effectivement, quitte à produire à partir de Plotin des modulations non-plotiniennes et, réciproquement, à « imaginer des variations de Deleuze qui ne soient pas de Deleuze » (119). Ainsi, même s’il n’est pas polémique, ce renversement possède bien une signification « critique » puisqu’il conduit à mettre en crise un système. C’est du moins de cette manière que Deleuze envisage pour son compte le « renversement du platonisme » : l’objectif n’est pas de dépasser Platon. Deleuze reste dans l’élément de ce qu’il renverse et entend poursuivre ou prolonger une intuition déjà présente chez Platon. Le renversement consiste à pousser le platonisme jusqu’à son extrême limite, jusqu’à son point critique, jusqu’au point où il se critique lui-même. Dans Différence et répétition, ainsi que dans Logique du sens, c’est la notion de « simulacre » qui permet à Deleuze d’opérer cette inversion : concept signé Platon, retourné contre Platon, et dont le développement conduit à des conclusions non-platoniciennes puisqu’il brouille la distinction modèle-copie et permet de substituer au principe d’une sélection transcendante (par référence à un fondement premier et à une identité absolue : l’Idée) celui d’une sélection immanente (grâce à l’éternel retour qui opère un « effondement universel » et assure le revenir de tout ce qui diffère). Ainsi, l’inversion suppose toujours une perversion si l’on entend par là le fait de soustraire à un auteur l’opérateur conceptuel de sa propre critique ou mise en crise[5]. Dans Multiplicités, l’inversion s’effectue à travers la perversion du concept d’« hypostase ».  
Comme le montre Plotin – grand penseur de la chute et de la descente – les multiplicités (intelligibles, psychiques, corporelles) se trouvent sous l’Un ; elles sont autant d’hypostases que l’on ne peut parcourir qu’en s’éloignant toujours davantage de l’unité qui couronne le réel. Mais « la chute des hypostases » ou la procession n’est chez Plotin que l’envers dynamique de la conversion. La chute de l’âme dans le corps doit toujours être compensée par une « fuite » qui la reconduit vers l’intelligible dont elle procède[6]. Ce qui signifie que la descente est toujours en même temps ascensionnelle : à chaque niveau de réalité, un principe ne s’accomplit parfaitement et n’engendre autre chose qu’en se tournant lui-même vers le principe dont il est issu. Or, en nous apprenant à chuter, en nous invitant à nous enfoncer radicalement dans l’immanence chaotique des multiplicités, Jean-Clet Martin réinvente le plotinisme. Il imagine un plotinisme de l’enfer, strictement défini par un mouvement de catabase, sans possibilité de conversion ; il propose avec Multiplicités une réécriture maléfique des Ennéades : il faudra chuter résolument dans les multiplicités en abandonnant l’espoir de retrouver une quelconque unité salvatrice[7]. Plonger dans la pluralité des hypostases sans jamais se détourner vers l’Un. C’est l’histoire d’un saut ou d’un pari : plurivers contre univers.
Plus radicalement encore, la perversion consiste à faire de l’hypostase, originairement pensée comme une émanation de l’Un, le concept grâce auquel on peut vraiment « faire le multiple »[8]. Jean-Clet Martin ne se contente pas de dire, comme le faisait Plotin, que l’hypostase est multiple parce qu’elle se tient sous l’Un et présente nécessairement pour cette raison une forme dégradée d’unité. Il radicalise la thèse plotinienne : on ne peut véritablement « faire le multiple » qu’en cessant de le penser sous la dépendance ontologique de l’Un. Il ne s’agit plus, comme le pensait Plotin, de se purifier et de retrancher le multiple pour se rendre semblable à l’Un (homoisis). Il faut bien plutôt retrancher l’Un pour rejoindre le multiple. En tant que figures du multiple, les hypostases sont toujours à « n – 1 ». Cette formule, que Deleuze et Guattari emploient pour définir leur pragmatisme rhizomatique, résume tout le projet du livre : lire Plotin à « n – 1 » revient à s’emparer du système plotinien en l’amputant de son premier principe, en faisant l’économie de l’Un. Ainsi, c’est la signification même du concept d’« hypostase » qui change radicalement ; Jean-Clet Martin assigne à ce concept une fonction performative : l’hypostase est à « n – 1 » non parce qu’elle est inférieure à l’Un mais parce qu’elle procède à la soustraction active de toute unité principielle[9]. Dès lors, détachées de toute référence à l’Un, les hypostases sont pensées dans l’élément pur du multiple : « toute multiplicité est hypostatique » (18). Et ce pour au moins deux raisons :
1. Il y a différents niveaux dans le multiple. De la « multitude » extensive et matérielle jusqu’à la « multiplicité » virtuelle et intensive, chaque hypostase est caractérisée par son degré de consistance, sa forme d’organisation et son régime de distinction : le tas de sable offre l’exemple d’une multitude dont l’unité différentielle est purement spatiale ; l’unité du tas est une « unité faible », l’unité de lieu qui consiste pour les grains de sable à être recueillis et amassés au sein du même lieu (13). Il en va tout autrement pour la « multiplicité vaporisée » de la vague : « elle n’est pas un tas de gouttes mais une forme dynamique qui les agence et qui, à la manière de l’onde, traverse l’eau, l’affecte, lui impose une modification » (14). La multiplicité suppose l’existence d’un plan univoque sur lequel les singularités se captent et s’organisent en adaptant leurs rapports de vitesses et de lenteurs. À la distinction numérique du tas de sable, les multiplicités opposent le principe d’une « distinction formelle » (26 ; 105-125), d’une différence sans partage, dans un monde où tout se divise mais en soi-même. 
 2. Les hypostases constituent les dimensions intérieures de toute multiplicité. Les multiplicités sont elles-mêmes composées d’hypostases (le livre Multiplicités est lui-même matériellement divisé en « hypostases » et non en chapitres). Ces dimensions intensives sont enveloppées les unes dans les autres, chaque dimension exprimant toutes les autres selon une perspective absolument singulière. En ce sens, le chaos des hypostases est infiniment compliqué ; il est le « monde » de l’implication réciproque (co-implication) des singularités, monde dans lequel toutes les perspectives sont solidaires. Seule une « philosophie complexe » (15) peut appréhender et décrire l’« origami » de la nature (118), l’enchevêtrement infini de ses plis multidimensionnels. L’Un n’est plus l’énergie surabondante, l’excès surréel dont procède toute la réalité ; la surabondance de l’Un passe toute entière du côté des hypostases et des multiplicités.
Mais l’inversion du plotinisme va plus loin. Originairement, le schème dynamique de la procession permettait de penser la présence du même dans l’autre. D’où le thème de la filiation que Plotin emprunte à Platon et auquel il se réfère constamment : l’Intelligence est apparentée à l’Un, de la même manière l’Âme est apparentée à l’intelligible[10]. La descente plotinienne établit une descendance : la progéniture contient en elle-même la trace du principe qui l’a enfantée. Par conséquent, la procession est une manière de maintenir une continuité ontologique (et génétique) entre les différents niveaux du réel. Mais l’hypostase devient pour Jean-Clet Martin le principe d’une diversification et d’une pluralisation généralisées ne laissant plus subsister aucune ressemblance, sinon celle d’un simulacre, d’une simulation produite par le jeu des différences. L’hypostase ne dérive plus de l’Un ; elle acquiert son autonomie et atteint ainsi les conditions d’une parfaite immanence. Autrement dit, les multiplicités ne se disent plus de l’Un mais l’Un se dit lui-même du multiple : ce n’est pas l’Un qui fait le multiple mais le multiple qui se fait lui-même, affranchi de toute référence à l’Un.
Tout le problème est dès lors le suivant : comment penser la consistance du multiple sans solliciter un principe d’unification transcendant ? En l’absence de toute unité centralisatrice, comment faire pour que le monde n’éclate pas en morceaux ? Même si Jean-Clet Martin décline ce problème dans toutes ses variations, l’enjeu est d’abord politique et éthique : comment « redonner un sens à une société qui privilégie l’inconsistance ? » (43) ; « comment recomposer un monde quand tout sombre ? Avec quoi faire alliance ? » (173). S’il est difficile, aujourd’hui, de « croire au monde »[11], ce n’est pas simplement parce que nous nous sentons incapables d’agir sur lui ou de le transformer ; c’est d’abord en raison de son inconsistance, de son impuissance préhensive ou de son incapacité à faire tenir ensemble des dimensions hétérogènes, des perspectives incompossibles. La solution réside ainsi dans la constitution d’un plan d’immanence visant à faire communiquer les différences et les singularités sans les hiérarchiser ; dans la négation de toute unité souveraine, cette voie suppose d’entrer dans une « légalité de l’immanence » (51) définie par un « contrat critique » ou un accord instable, jamais assuré, toujours à réactualiser (52). Notre monde a besoin d’un plan de composition ou d’une « toile » semblable à celle que tisse l’araignée et qui retient dans ses filets les gouttes de la rosée matinale. Dans cette « distribution fragile de points brillants » (123), la toile constitue une surface d’expression pluriverselle, les gouttes d’eau reflétant différemment le même et diversifiant le monde dans leurs reflets. Cette politique de l’araignée dit à la fois la nécessité d’un tissage continu et la vulnérabilité des multiplicités, sans cesse menacées par les forces de la désagrégation.
Mickaël PERRE





[1] Jean-Clet Martin, Enfer de la philosophie, Léo Scheer, 2012, en particulier le chapitre intitulé « Chute philosophique », p. 89-91.
[2] Précisons cependant que Deleuze n’est pas l’unique point d’entrée dans la métaphysique plotinienne. Plotin est tout aussi bien lu depuis Spinoza, Hegel, Nietzsche ou Derrida. Mais il nous semble néanmoins qu’il s’agit là de l’entrée principale, celle par laquelle on entre véritablement dans le livre, comme en témoigne la mise en exergue d’une citation de Deleuze dans laquelle ce dernier évoque son admiration pour Plotin (citation extraite du cours du 28/02/84).
[3] Jean-Clet Martin, Logique de la science-fiction. De Hegel à Philip K. Dick, Les Impressions nouvelles, 2017. J’aborde ce point dans l’article « Hegel futuriste, à propos de Logique de la science-fiction de Jean-Clet Martin », également publié sur « Strass de la philosophie » (http://strassdelaphilosophie.blogspot.com/search?q=hegel+futuriste#!/2017/10/hegel-futuriste-propos-de-logique-de-la.html).
[4] Voir la citation placée en exergue du livre. Notons par ailleurs que Deleuze fait de l’« admiration » un véritable principe de lecture, préalable à toute critique : L’Île déserte, p. 192 ; Pourparlers, p. 118.
[5] Dans le texte qu’il consacre au dramaturge et metteur en scène Carmelo Bene, Deleuze assimile cette soustraction à une opération de minoration. La critique créatrice ou « constituante » procède de cette manière : elle consiste à explorer les potentialités d’une œuvre ou d’une pensée en l’amputant de l’un de ses éléments constitutifs (Superpositions, p. 88).
[6] Sur le motif platonicien de la « fuite », voir Théétète, 176b1 : « Aussi faut-il tâcher de fuir au plus vite de ce monde dans l’autre. Or, fuir ainsi, c’est se rendre, autant que possible, semblable à Dieu, et être semblable à Dieu, c’est être juste et saint, avec l’aide de l’intelligence ».
[7] Sans trop « christianiser » Platon, on peut dire que la fuite recoupe toujours l’idée de salvation : en « se sauvant », il s’agit toujours d’accéder aux conditions d’un sauvetage par l’accès à une « sur-vie » (une vie au milieu des Formes). Voir Phédon, 67b.
[8] Deleuze, Dialogues, p. 23 : « crier “vive le multiple”, ce n’est pas encore le faire, il faut faire le multiple ». Voir également, Mille plateaux, p. 13 : « Le multiple, il faut le faire » et p. 33 : « Pour le multiple, il faut une méthode qui le fasse effectivement ».
[9] Deleuze, Guattari, Mille Plateaux, p. 13 : « Le multiple, il faut le faire, non pas en ajoutant toujours une dimension supérieure, mais au contraire le plus simplement, à force de sobriété, au niveau des dimensions dont on dispose, toujours n – 1 (c’est seulement ainsi que l’un fait partie du multiple, en étant toujours soustrait). Soustraire l’unique de la multiplicité à constituer ; écrire à n – 1 ».
[10] Plotin, Traité 1 (I, 6), « Sur le beau » : « Nous disons donc que l’âme, tournée vers la meilleure des réalités, lorsqu’il lui arrive de voir quelque chose qui est apparenté à la nature qu’elle a, ou, au moins, une trace de cela, elle se réjouit, s’agite, revient à elle-même, se ressouvient d’elle-même et de ce qui lui appartient » (cité dans l’édition Garnier Flammarion, Paris, 2002, sous la direction de Luc Brisson et Jean-François Pradeau, p. 69). Sur le thème de la suggéneia chez Platon : Phédon, 79d ; République, X, 611e.
[11] Deleuze, Cinéma 2. L’image-temps, p. 223 : « Le fait moderne, c’est que nous ne croyons plus en ce monde ».



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